10-12 – Secret de Fées : La Magie de Yule

Je voulais vous conter ce soir une belle histoire… un secret qu’on murmure au milieu des forêts…
Peut-être que certains diront : “Ce n’est qu’une légende… un conte de fée !”
Une légende…. peut-être mais au fond… qui sait ? 😉


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“Il était une fois 3 petites fées, blotties au cœur des racines d’un grand chêne. Dans leur grotte minuscule, aux murs tapissés de duvet d’oies sauvages et de mousse étoilée, elles attendaient patiemment que l’hiver passe et que revienne le printemps.
En cette nuit de solstice, rien ne pourrait les faire sortir de leur douillette petite cachette tant le froid dehors était mordant … un vent glacial soufflait dans la cime des grands arbres dénudés et la neige tombait, saupoudrant de la forêt qui semblait endormie.

« J’ai vu le Roi-Soleil aujourd’hui » dit Rose, alors qu’elle se servait une tasse d’un délicieux thé aux épices qu’avait préparé Pâquerette.
Tout en regardant d’un air sombre sa tasse fumante, elle poursuivit :
« Il avait l’air si vieux et si fatigué… J’ai peur que notre Roi-Soleil ne se meurt et qu’il s’en aille dans le pays d’où l’on ne revint pas…»

«Oui… Le grand chêne dit aussi qu’il est en train de mourir », répondit Jonquille.

« Mais le Roi Soleil ne peut pas mourir !!!» s’écria Pâquerette
«S’il meurt… qu’allons-nous devenir ? Sans sa lumière, les plantes ne pousseront plus, les fleurs n’arriveront jamais à s’épanouir sans sa chaleur et la forêt ne résonnera plus des chants d’oiseaux qui le saluent ! Ce sera l’hiver à tout jamais et toute la poussière de fée n’y pourra rien ! »
Le cœur des 3 petites fées était bien lourd tout à coup… c’est si petit un cœur de fée ! Si petit qu’autant de tristesse aurait pu les briser…

Toutes 3 blotties pour se réconforter, un bruit à la porte les fit sursauter.
« Toc Toc Toc !  Fées ! Ouvrez ! » cria une voix forte. « Pourquoi vous cachez-vous en ce jour de fête ?»
Rose alla ouvrir en ronchonnant «Jour de fête ! Comme si voir s’éteindre notre lumineux Roi pouvait être un jour de fête !» 
Les joues rouges d’agacement (et aussi un peu à cause du thé ), elle tira la porte. Kaerlen , gnome des mines de la forêt enchantée, se tenait là, étincelant des flocons d’argent que la neige avait déposé sur son manteau de laine épaisse, la mine joyeuse et le nez rouge.

« Nous n’avons pas le cœur à rire… le Roi-Soleil se meurt et nous sommes tellement tristes», déclara Jonquille en essuyant ses yeux.

«Mais il est mort, ignorantes petites fées ! Ne savez-vous donc pas ce qu’il doit se passer en cette nuit bénie ?» Kaerlen trépignait d’impatience et dansait d’une jambe à l’autre, faisant voler les derniers flocons collés à son chapeau pointu. 
« Maintenant, dépêchez-vous ou nous allons être en retard à la fête! »

« Comment pouvez-vous être heureux de la mort notre Roi? » dit Pâquerette en fronçant ses mignons petits sourcils devant le gnome.
«S’il est mort alors jamais le printemps ne reviendra et nous resterons pour toujours dans la longue nuit de l’hiver! »

« Ignorantes jeunes fées ! Ne savez-vous donc pas qu’un secret se cache au cœur du Solstice d’Hiver ? » Kaerlen saisit Pâquerette par la main et la tira jusqu’à la porte. « Ne voulez pas connaître ce secret? » 
Les fées le regardèrent avec étonnement : « Un secret ? Quel secret ? »
« Venez et vous saurez ! Vite, vite, ne soyez pas si lentes ! Au Bosquet du Chêne Sacré, tout le monde nous attend ! »
Il esquissa encore quelques pas de danse sur le pas de porte et disparut.

De nouveau seules, les 3 fées se regardaient en s’interrogeant :
« Qu’a bien pu vouloir dire Kaerlen ? Avez-vous déjà entendu parler de ce secret ? » demanda Rose en même temps qu’elle ramassait son manteau de pétales brodé de fil d’araignée, tout ourlé de duvet d’oie.
« Non… personne ne nous a jamais parlé de ça à l’école des fées. » répondit Jonquille « Mais je sais que la Déesse vit dans le Bois Sacré. Peut-être qu’Elle pourra nous expliquer de quoi il retourne»

Les fées s’affairaient à s’emmitoufler, l’une tirant sur son chapeau de duvet tressée, l’autre enfilant ses mitaines de soie, la troisième enroulant avec méthode l’écharpe faite des plumes que le roitelet lui avait offertes à l’automne en remerciement de ses bons soins.
C’est qu’il leur en fallait du temps aux 3 petites fées pour affronter les grands froids de l’hiver ! Elles, toujours virevoltantes dans l’air tiédi du printemps, devaient se rendre à pieds jusqu’au lieu de la fête car leurs ailes si fines gèleraient en un instant sous l’assaut du vent de glace !
En toute hâte, elles quittèrent dans un grand frisson leur douillette maison. Le chemin serait long et difficile jusqu’au bosquet du Bois Sacré. La forêt était si sombre avec la seule lumière de la lune brillant à travers les épaisses branches de sapin et les membres nus de l’érable et de l’aubépine. Il était très difficile pour elles d’avancer dans ce grand tapis blanc car elles étaient vraiment très très petites et leurs tous petits pieds s’enfonçaient profondément dans la neige mouillée mais elle  y arriveraient ! Parole de Fées !!! 

Grelottant dans le vent froid, elles rencontrèrent un renard.
« Où allez-vous, petites fées ? » demanda le renard.
« Au bosquet du Bois Sacré», répondirent-elles en formant de petits nuages scintillants de leur souffle.
« Montez sur mon dos et je vous y emmènerai rapidement. »
Le renard mit genoux à terre en une jolie révérence de sorte que les fées puissent grimper. Tous repartir à grand train jusqu’au lieu du rendez-vous.
Au loin, on entendait des chants joyeux dont l’écho devenait cristallin au contact du gel… les grands rires ressemblaient à des tintement de grelots.

Soudain la clairière du bosquet du Bois Sacré apparue sous l’éclat de la lune. Le renard transporta les fées tout droit au bord de l’autel de pierre au centre du bosquet.
«Regardez ! La Déesse est triple ce soir » dit Rose comme elles glissaient toutes 3 sur le sol enneigé en remerciant d’une caresse le renard. «Il y a la Jeune Fille et la Mère et la Vieille et beaucoup d’autres personnes du Petit Peuple…»
« Ils sont tous souriants et heureux », s’étonna Jonquille en regardant toutes les créatures autour d’elles.
« Tous les animaux sont là aussi », chuchota Pâquerette. « Pourquoi regardent-ils tous la Mère ? »

Les fées se rapprochèrent des trois Dames assises sur la pierre d’autel.
La Mère tenait un gros paquet remuant dans ses bras et elle souriait en posant un regard si doux, si aimant sur ce paquet gesticulant que les Fées, en la regardant, se sentaient remplies d’une joie qu’elles ne comprenaient pas.
Alors la Jeune Fille se pencha et prit doucement les fées dans ses mains pour les porter tout près de la Mère afin qu’elles puissent voir ce qu’elle tenait.

« Un bébé ! » s’écrièrent les fées. « Un nouveau bébé ! Regardez comme il est lumineux ! il brille comme un petit Soleil »
« Il est le Roi Soleil nouveau-né », déclara la Jeune Fille en souriant.

« Mais Kaerlen et le vieux chêne avait dit que le Roi Soleil était mort », lui répondirent les fées. « Comment ce petit bébé peut-il être le Roi Soleil ? »

« C’est le grand secret du Solstice d’Hiver. » dit la Vieille, touchant dans une douce caresse la joue du bébé de sa main ridée. « Chaque année, le Roi-Soleil doit venir dans le bois sacré pendant les jours sombres de l’hiver où il meurt. J’amène son esprit à la Mère qui le porte en elle et lui donne à nouveau la Vie. Car la Roue jamais ne cesse de tourner. C’est la voie de toutes les créatures »

« Vous voulez dire que tout vit et meurt et vit à nouveau ? »
Les fées regardèrent avec stupeur vers l’enfant nouveau-né, bercé dans les bras de la Mère.
« Oui, Petites», répondit la Vieille. « Ainsi vont les cycles et tourne la roue de l’année. Il n’y a jamais de fin à la vie. Naissance, mort et renaissance… telle est la Loi. C’est le grand Secret du Solstice d’hiver. »

Les 3 fées n’avaient de cesse de contempler l’enfant briller et déjà, sa douce chaleur réchauffait leurs si petits cœurs, les remplissant d’amour et d’espoir en des jours meilleurs.
« Quand il sera plus grand et plus fort » dit la Mère « les fleurs s’épanouiront à son contact, les oiseaux seront de retour pour chanter leurs chansons et le souffle de l’air sera chaud et doux. L’hiver sera parti pour un temps. Alors le Roi Soleil jouera avec vous dans la forêt. »

Les fées chantèrent pour l’enfant… des chants pour le retour du printemps. Elles chantèrent les fleurs odorantes, les abeilles endormies et tous les secrets de la forêt. Et toutes les créatures du Bois Sacré chantèrent avec elles. On alluma alors un grand feu dans la clairière en hommage à la Lumière du petit Roi et on chanta encore des chants d’amour et d’espérance jusqu’à ce que la dernière étoile s’éteigne dans le ciel.

Puis le renard les ramena dans leur grotte minuscule, aux murs tapissés de duvet d’oies sauvages et de mousse étoilée, au cœur des racines du vieux chêne…
Cette nuit là et toutes les nuit qui suivirent, Rose, Jonquille et Pâquerette firent des rêves merveilleux… des rêves où un tout petit Soleil courait dans les champs, faisant grandir dans ses pas la Magie du Printemps. “

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Ré-écriture Véronique @ Parole de Sorcière 
D’après le texte original “The Yule Faeries” – Auteur Inconnu

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☆ Véronique ☽O☾ Parole de Sorcière ☆

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